S’accompagner ou créer seul?

Bonjour à tous les créateurs et bienvenue sur Tisseurs d’Histoires et de Mondes, le blog des créateurs indépendants!

Aujourd’hui, comme l’indique le titre de l’article, on va aborder la question de « s’accompagner ou tout créer en solo? »

La création, c’est d’abord quelque chose de profond et de personnel. Mais les personnels peuvent s’ajouter les un aux autres pour créer une oeuvre. Les créatifs peuvent créer ensemble.

Evidemment la question est différente selon que vous vouliez écrire un roman, une BD, développer un jeu vidéo, ou réaliser un métrage. Pour ce dernier média d’ailleurs, on ne traitera pas vraiment la question (évidemment qu’il faut du monde pour les acteurs), excepté la partie écriture qui est semblable à celle d’un roman.

Pour premier exemple, j’ai vu des histoires sur Wattpad qui étaient écrites par plusieurs écrivains (Les Six Fragments pour ne citer qu’elle). Ainsi, chaque personnage principal était écrit par un auteur différent, ce qui est pratique pour leur donner une personnalité et des tics de langage propres.

Cela reste délicat, car il faut s’arranger pour les horaires et le rythme de création, se parler pour définir ce qui se passera, etc. Il faut éviter les disputes entre les membres du groupe (comme partout), s’arranger pour la publication, etc. Maintenant, les avantages sont clairement là : cela réduit la charge de travail, il faut moins de temps pour finir le projet, basiquement.

Concernant le jeu vidéo, cela est évidemment un gros plus de le faire à plusieurs. Un jeu vidéo est long et fastidieux à créer, alors avoir une équipe de personnes motivées est génial. Surtout que vous pourrez répartir les tâches en fonction des talents de chacun (bande son, codage pur, graphisme…).

Pour ce qui est de la création en solo, c’est carrément plus libre, vous choisissez tout, c’est votre bébé, vous le gérer entièrement. C’est plus simple et pratique pour gérer votre temps, vous n’avez pas à envoyer les graphismes pour qu’untel les ajoute au jeu en codant par exemple, ni à envoyer un chapitre pour qu’untel fasse la suite avec son personnage, etc. Vous n’avez aucun compte à rendre, pas de critiques de votre équipe, pas de différence d’implication. Si vous êtes un créateur du dimanche, personne ne vous le reprochera avec subtilité. Ceci dit je vous invité à être + ou – régulier afin de ne pas avoir à replonger dans votre oeuvre à chaque séance, le cas échéant vous perdriez du temps.

Pas non plus de problèmes humains, untel qui a effacé les graphismes un jour de colère et le regrette mais ça ne répare pas les dégâts, untel qui fait faux plan parce qu’il a le cul de travers, etc. Moins de mauvaises surprises donc (bonnes aussi).

Parlons gloire et argent, tout cela sera pour vous seul si vous êtes en solo, ne faîtes pas comme si vous vous en fichiez ;p . Certes, le roman, la BD et le jeu vidéo ne vous rendront pas célèbres, mais ne pas avoir à partager les gains peut s’avérer excellent. Surtout si vous publier un livre, ce qui rapporte rarement des dizaines de milliers d’euros (oui, pour les francophones, je suis français perso). Surtout bis si vous publier en édition traditionnelle, partager 50 centimes par vente en 5 donnerait des gains ridicules. Un best seller francophone, 10k exemplaires, ferait donc 1k euros par personne. Issou. Difficile de vivre de sa plume à plusieurs, à moins de combler la répartition de revenus en étant très productifs (1 livre tous les 3 mois au lieu de 1 an et demi, mais bon, chaud quoi).

Si vous créer à plusieurs, de façon général, ce sera beaucoup moins long. Pour un jeu vidéo, cette différence sera énorme. Vous aurez plus d’idées, des idées infinies d’ailleurs. Quand vous serez à court d’inspi, un autre enchaînera avec une idée, puis un autre, ce qui inspirera les autres etc, bref ça coulera tout seul! A plusieurs vous aurez bien plus de motivation, ce qui peut jouer surtout si vous débuter, vous vous dîtes que cela à l’air bien de créer car Maxime le dit ^^’. Alors vous motiver à plusieurs peut vous permettre de vous lancer, et de vous auto-motiver par la suite. Cela aidera lors des « épreuves », comme la publication où vous devrez passer par beaucoup de choses qui vous perdront, vous décourageront. A plusieurs on passe toutes les épreuves, ça fait nian-nian mais c’est vrai!

A vous donc de choisir, c’est surtout une question de tempérament. Moi j’ai fais mon choix mais peut-être que l’un d’entre vous me convaincra de créer avec lui! 😉

En attendant, je vous souhaite une bonne création et à plus chers créateurs!


Les Six Fragments : https://www.wattpad.com/story/143896027-les-six-fragments (elles écrivent aussi sur instagram, leur compte porte le nom du roman 😉 )

 

Chapitre 3 (2/3) – Chroniques de Salfia Tome 1

La deuxième partie du chapitre 3. Elle est plus petite que les autres, j’essaye de couper à des moments logiques. ^^


-« Numéro 11 290! » interpella une femme au 4ème guichet.

-« Évite les ennuis avec eux et ça devrait aller », conseilla Dellas en se levant.

-« Vous êtes là pour? » demanda la femme.

C’était une humaine. Une jolie brune aux yeux verts. Mais Dellas ne se laissa pas charmer et agit comme s’il n’y faisait pas attention, ce qui étonna fortement Jallie. La jeune fille l’imaginait plutôt beau parleur, étrangement.

-« Retirer de l’argent », dit le jeune homme.

-« Votre nom? »

-« Dellas Gomfore. Code 34 20 15. Je voudrais 300 chri, s’il vous plaît. »

-« Un instant je vous prie… Bien, je vais les chercher. »

-« Et voilà comment ça marche. L’inconvénient c’est juste l’attente », dit Dellas à voix basse.

-« Voici votre argent, monsieur Gomfore », présenta la femme en revenant. Elle donna à Dellas une grosse bourse de pièces que ce dernier vida dans la sienne avant de la rendre à la banquière. »Vous faut-il autre chose? »

-« Oui. J’aimerais ouvrir un nouveau compte si cela ne vous ennuie pas. »

-« Bien sûr que non. A quel nom sera ce compte? »

Dellas se retourna vers Jallie et chuchota:

-« Tu connais ton nom de famille? »

-« Non », répondit-elle, hésitante.

-« Jallie », dit Dellas en se retournant. »Jallie Noiris. »

-« Bien, avez-vous de l’argent à placer sur ce compte? »

-« Oui. Veuillez transférer 100 chri de mon compte vers celui-là. »

-« Bien, ce sera fait. Le compte au nom de Jallie Noiris est ouvert avec 100 chri à son actif. »La banquière parla à voix basse, « Le code sera le 50 98 70. »

-« Bien. »

-« Je vais vous donner le récapitulatif des opérations que vous devrez signer. »

-« Naturellement. »

-« Tenez. »

La banquière donna une feuille de papier à Dellas que ce dernier signa, après avoir vérifié que les bonnes opérations y étaient inscrites. Il rendit alors la feuille.

-« Parfait », se contenta la banquière. »Je vous souhaite une bonne journée à Grandatum. »

-« Merci », gratifia le jeune homme en partant, suivi de près par Jallie.

-« Numéro 11 295! » cria alors la banquière, rejointe par l’olvélias.

-« Bon, maintenant, on retourne au magasin d’équipements guerriers », annonça Dellas.

-« Merci pour le compte. »

-« Ton code est le 50 98 70. Souviens-t’en. C’est important quand même », affirma-t-il en souriant.

-« Oui », répondit gentiment Jallie. »Au fait bien joué pour Noiris. Sirion à l’envers! »

-« Ooooh t’as trouvé ça toute seule? Bon plus sérieusement, à partir de maintenant ce sera ton nom. Histoire que tu aies une identité. »

-« D’accord, ça marche. »

-« Bien, le voilà », commenta Dellas en apercevant son père.

-« Vous voilà. Dis-donc c’était plus long que d’habitude! » s’écria Joll.

-« Il y avait beaucoup de monde faut dire. J’ai ouvert un compte à mademoiselle Jallie Noiris. »

-« Ganis, tu vois quand tu veux tu sais te débrouiller. Ganis veut dire bien en ancien galter », précisa l’homme mat à l’adolescente. »Noiris, hein? Pas bête. »

-« Comme quoi je n’tiens pas que de toi! »

-« Ouais, c’est ça… Bon j’ai trouvé ces deux gantelets. Ils me seront très utiles. »

Joll leur montra deux gantelets de métal fin à intérieur cuir. Il y avait même du métal sur la partie avant de la main.

-« Grâce à ces trucs, je pourrai bloquer des coups de lames sans me faire tranchouiller les mimines! »

-« Pas mal. Combien? »

-« 80 chri. »

-« Pas très cher. Tu fais une affaire pour le coup. Tiens », dit Dellas en tendant 8 grosses pièces à son père.

-« Tu plaisantes? Dois-je te rappeler que c’est moi qui garde l’argent ici? »

-« Tu me rappelleras aussi pourquoi », rétorqua Dellas en tendant la bourse à son père, qui l’attacha à sa ceinture de cuir.

-« Parce que c’est moi qui en ai gagné la majorité, tiens! »

-« C’est pas plutôt parce que t’es un gros dépensier? »

Joll grogna.

-« Il a des petits soucis parfois », s’amusa Dellas en souriant.

-« Qu’est-ce que tu vas lui raconter, t’en as plus dépensé que moi p’tit malin! »

-« Ah bon? » dit le jeune homme en rougissant.

-« Bon, je vais les acheter. Ensuite on va voir pour les vêtements de Jallie. Enfin si vous ne trouvez rien d’intéressant ici. »

-« Pour info, les grosses pièces valent 10 chri, les petites un. C’est simple non? » expliqua Dellas en se retournant vers Jallie qui regardait le contenu du magasin.

-« Oui. »

-« Qu’est-ce qu’il y a, tu as trouvé quelque chose? »

-« Non, non. Rien, je regardais juste. »

Le magasin, comme les autres, était un store tenu par deux piquets de bois. Le marchand était au fond, à côté d’une rangée de haches et de lances. Le magasin était le moins rempli de tous. On ne s’achète pas un nouvel équipement tous les jours.

-« Voilà » s’exclama Joll en revenant vers eux, équipé de ses nouveaux gantelets. Ces gantelets avaient des finitions bien rondes, et étaient de très bonne facture. »Bon, allons voir vers les vêtements. »

-« Ouaip », réagit Jallie avec un léger sourire gêné.

Les trois compagnons quittèrent le store et marchèrent dans les rues. Quelques pas plus loin, ils apercevaient déjà un magasin de vêtement.

-« <<L’élégance tenue>> » lut Joll. »Celui-là est un magasin spécialisé pour la gente féminine. Tu auras l’embarras du choix ici. »

-« Super. »

C’était impressionnant. Sous ce store ombreux se trouvait un grand magasin où les vêtements s’étalaient presque à perte de vue. Il y en avait de toutes couleurs, tous styles, toutes tailles. Jallie regardait un peu partout, comme émerveillée. Son œil s’accrocha à des linges bleu clair assez simples. C’était comme des grands bandages qui s’enroulaient de manière à former un haut pour femelle.

-« C’est exactement ta taille », plussoya Joll.

-« Je peux le prendre? » demanda Jallie, hésitante.

-« Oui, vas-y », la rassura Joll en plaçant une main chaleureuse sur son épaule.

Heureusement qu’il avait retiré les gantelets pour se les attacher à la taille.

-« Génial! » lâcha Jallie en prenant son haut.

-« Maintenant il te faudra un bas. Tu as fait un bon choix tu sais, même si les manches ne t’arriveront qu’aux coudes, cela suffira à te tenir assez chaud en cas de froid. »

-« C’est sûr que ce n’est pas ton cas » répliqua Jallie à l’homme torse-nu.

-« Un levito doit avoir facilement accès à ses sceaux. Mais si nous allons dans un endroit froid, je prendrai un habit, et l’enlèverai juste pour combattre. Pour l’instant c’est inutile. Et puis un peu de froid, tu sais, ça t’endurcit. »

-« Oui, c’est vrai », accorda Jallie en zyeutant le magasin.

Elle marchait lentement, et regarda une jupe à dentelle blanche et noire. Elle la prit en main pour mieux l’examiner.

-« Ceci n’est pas l’idéal si jamais tu as besoin de te battre ou de courir. Tu ferais mieux de prendre un pantalon. De plus le style ne va pas vraiment avec ton haut. »

-« Oui », confirma Jallie en reposant la jupe.

Elle continua de regarder sur la même table. Elle ne trouva rien et passa à une autre. Elle trouva alors un pantalon de couleur vert foncé. Ce pantalon lui plaisait parce qu’il avait un insigne sur la jambe gauche, ou plutôt un symbole.

-« C’est le symbole de l’Orné, la région nord-ouest du grand continent. Celle où nous sommes. La ligne horizontale représente un lac paisible, et à côté comme tu le vois c’est un arbre. Un symbole représentant la tranquillité, et la nature, les symboles de l’Orné », renseigna Joll. »Il te plaît? »

-« Oui, beaucoup. Simple et joli. Et puis c’est le symbole de notre région. Vous venez d’Orné et moi aussi, et c’est l’endroit où l’on s’est rencontrés. C’est parfait. On le prend? »

-« Si tu le veux, oui bien sûr. »

-« Pourquoi Dellas est resté à l’entrée? »

-« Il n’aime pas traîner dans un lieu pour femelle. Ça le met mal à l’aise. »

-« Et pas toi? » s’enquit Jallie pendant qu’ils se dirigeaient vers le vendeur, qui ici se situait juste à l’entrée du magasin.

-« Non, je m’y suis habitué en vivant avec Ornael. Combien pour ces deux-là? » siffla Joll en s’adressant alors au marchand.

Le marchand était plutôt rond, et souriant. Il portait de nombreux bijoux, son magasin marchait visiblement à merveille. Joll le savait et avait bien l’intention de négocier le prix un maximum.

-« Bonjour, mes amis! Pour ces deux articles, je vous propose le prix de 70 chri! » annonça fièrement le marchand qui parlait en roulant ses r.

Ce prix était déjà bas, ce magasin était visiblement du genre à vendre moins cher pour vendre plus, raison de plus de bien marcher, Joll le savait. Mais cela ne l’empêcherait nullement de négocier.

-« 70 chri pour deux simples articles comme ça? Va falloir revoir votre politique mon cher! » s’indigna faussement le père Gomfore.

-« Et bien, pour un homme tel que vous ce sera 60, mon magasin ne recule devant rien pour satisfaire la clientèle! Enfin, sa clientèle! »

-« Eeeeehh ça me paraît toujours aussi élevé pourtant… Bon Jallie on va peut-être aller voir ailleurs tout compte fait », se résigna faussement Joll en posant les deux habits sur la table du vendeur.

-« Attendez, attendez. Vous êtes un coriace en affaire vous, hein? Bien je vous propose le prix imbattable de 45 chri pour ces deux articles! »

-« J’ai mal aux couilles d’entendre un tel prix pour deux babioles que vous avez probablement obtenu pour une poignée de céréales » tempêta Joll en serrant les dents et en se tournant sur sa droite avant de regarder à nouveau le marchand. Jallie le regardait, stupéfaite d’entendre un tel langage venant de lui.

-« Bon, bon… disons 35 et on n’en parle plus d’accord? A prendre ou à laisser! » s’inclina finalement le vendeur.

-« Bon… D’accord, je vais être gentil pour cette fois », mentit Joll en lançant un sourire en coin à la jeune fille. Il donna alors les pièces au marchand.

-« Merci, j’espère vous revoir bientôt monsieur! »

-« Je ne compte pas rester, mais peut-être un jour après tout. Merci à vous et bonne journée! » répondit Joll. Une fois sortit du magasin et à côté de Dellas, il s’adressa à Jallie. »Tu vois? Il faut bien négocier, et comme ça tu sauves ton argent. Ça t’évite de le perdre en un rien de temps. Faut pas hésiter. »

Elle le regardait avec un sourire gêné.

-« T’as encore parlé de tes couilles pour faire baisser les prix? Incorrigible, mon père », plaisanta Dellas en s’adressant à la jeune fille.

-« Rappelle-moi qui m’a appris cette technique? »

-« Ah oui, c’est vrai », admit Dellas.

-« A utiliser sans modération, qu’il m’a dit le fiston! » précisa Joll en regardant Jallie. »Bon, trouvons une auberge pour la nuit. »

-« Ça c’est déjà fait », dit Dellas, en désignant un grand bâtiment blanc et doré plus loin. Il dépassait nettement du reste.

-« Bien, alors allons-y, on a bien besoin de repos. On y va tout de suite, et dès qu’on a assez dormi, même si c’est encore la nuit, on met les voiles! » clarifia Joll.

-« Faisons ça », dit le fils.

Jallie tenait ses vêtements dans les bras. Les trois voyageurs arrivèrent bientôt à l’auberge.

-« Nous voudrions une chambre pour trois, avec trois lits pour une personne, c’est possible? » demanda Joll à la gérante. La galtère aux poils vert foncé répondit presque aussitôt.

-« Malheureusement non. Nous n’avons qu’une chambre qui correspond à cette description, et elle a été prise il y a une minute de cela. C’est embêtant… »

-« Eh bien alors une chambre pour deux avec deux lits, c’est possible? »

-« Oui, cela vous fera 30 chri pour une nuit. »

-« Bien. Les voici » dit Joll en donnant l’argent à la galtère derrière le comptoir.

-« Je vous remercie. La clé de votre chambre », sollicita la galtère en tendant celle-ci à Joll, »le numéro est dessus. 42? C’est au 4ème étage, vous pouvez y aller en empruntant l’escalier à votre droite. »

-« Merci. »

-« C’est sûr que c’est pas les sirionîtes sans machines qui vont construire un bâtiment de quatre étages », pensa à voix haute Dellas, une fois au niveau du premier étage.

-« Ça c’est clair », plussoya Joll.

Les trois compagnons arrivèrent au 4ème étage. Ils trouvèrent presque aussitôt la chambre 42, et Joll ouvrit la porte.

-« Bon c’est simple, moi je dors par terre, et vous vous prenez un lit, des questions? » lança Joll.

-« Non », dit Dellas, »moi ça me va », ajouta-t-il en souriant largement.

-« Mais d’abord, Dellas, on sort. Que Jallie puisse enfiler ses nouveaux habits. »

-« Merci. »

Les deux hommes sortirent de la chambre. Une minute plus tard, Jallie leur ouvrit la porte.

-« Et bah! Tu es super comme ça! » s’exclama Dellas en faisant un geste d’ouverture des bras.

-« Merci », gratifia timidement l’adolescente en tenant le regard des deux hommes.

-« Ca y est papa, j’ai trouvé ma futur épouse! »

-« Rêve pas trop, Dellas! » rétorqua Jallie.

-« Ah, les enfants… » dit Joll.

-« Non, moi je suis un adulte, elle c’est une enfant », corrigea le jeune homme.

Plus tard les trois compagnons de voyage dormaient à poings fermés. Le voile de la nuit avait recouvert les cieux depuis deux ou trois heures. Jallie sommeillait plus profondément encore que ses pairs. Mais soudain un bruit strident se fit entendre, déchirant l’atmosphère.

-« Assassin, monstre!! »

La jeune âme se leva en sursaut, et alla voir à la fenêtre. Elle ne discernait rien de spécial. Elle jeta un coup d’œil aux deux autres, qui eux dormaient toujours, paradoxalement. Elle vérifia ensuite que la fenêtre soit encore fermée, ce qui était bien le cas. Mais alors un cri perçant se fit entendre à nouveau. Comme un cri de corbeau sifflé, mais en beaucoup plus puissant. Il fut suivi d’un gros fracas. Jallie vit une créature atterrir violemment sur un toit juste devant l’auberge. La créature ressemblait à un homme, mais avait des plumes, et un épais bec taché de sang. Celle-ci cria de nouveau en ouvrant ses ailes. Ce hurlement était entre le cri de douleur, celui de souffrance, et celui de colère. Jallie fut frappée par la peur. Elle s’écarta vite de la fenêtre, et alla se blottir contre Joll, au sol. Elle resta contre lui, et finit par s’endormir à ses côtés, tel un chaton avec sa mère.


Pitit cliffhanger pour le fun 😉

Histoire de m’assurer que vous finissez le chapitre, sans rancune!

Chapitre 3 (1/3) – Chroniques de Salfia Tome 1

Encore pour des raisons d’être plus digeste, ce chapitre est publié en trois parties. Enjoy! 🙏


Chapitre 3 : Intimidantes rencontres

-« Grandatum? » répéta Jallie, à qui ce nom sonnait étrangement.

-« Oui, c’est la prochaine étape », lui dit Dellas. »Grandatum est la plus grande ville du coin, elle se situe après la sortie de la forêt, au bout de cette route. C’est une ville portuaire qui fait partir de nombreux navires, le meilleur moyen de voyager dans l’archipel de Nasakua, jusqu’à l’île de Gesil. »

-« Ah d’accord, je comprends. »

-« Ça c’est parce que j’explique bien. »

Une fois que les trois compagnons avaient fini de manger, ils partirent sur la route. Peu de temps après, Jallie voulu clarifier les choses, en questionnant le quadragénaire à propos de l’histoire bancale que lui comptait Tilia la veille de son départ.

-« Dis, Joll, tu connais l’histoire de La Faille? »

-« Non, tout le monde possède sa version de l’histoire, et je n’y étais pas. Tout ce que je peux te dire c’est qu’un humain dénommé Spal Donata l’a découverte et a disparu. Depuis les monstres se sont multipliés sur tout Salfia. »

-« Ah… »

-« Pour répondre à ta vraie question, je pense que les sirionîtes ont leur version de l’histoire et qu’elle est faussée comme cela les arrange », devina Joll, la prenant de court.

-« Oh. Merci. Je me demande ce qui est arrivé à cet homme. »

-« Nous aussi si tu veux tout savoir », intervint Dellas.

-« Arrêtez-vous », intima Joll, soudainement.

-« Qu’est-ce qu’il y a? » demandèrent les deux jeunes gens en stéréo.

-« Je dois aller chercher un objet que j’ai laissé ici il y a longtemps. »

-« Comment tu as fait pour te retrouver parmi tous ces arbres? » l’interrogea son fils.

-« Il y a une branche noire, là », répondit son père, en montrant une branche brûlée depuis longtemps, située sur leur droite, appartenant à un arbre aussi large que tordu.

Joll marcha derrière l’arbre jusqu’à ce que les trois compagnons arrivèrent devant une sorte de long buisson. Joll força pour passer, et les deux autres le suivirent. Il y avait à l’intérieur de l’herbe plus claire qu’à l’extérieur, ainsi qu’un arbre aux feuilles écarlates. Il y avait une épée plantée dans le sol.

-« Est-ce que c’est » commença Dellas.

-« Oui », coupa Joll.

Il sortit l’épée du sol. C’était une épée plutôt large et longue d’à-peu-près 80 centimètres. Le manche était vert foncé avec des bouts de tissus pendant, la lame était cramoisie au bord blanchâtre.

-« Je comprends mieux pourquoi tu as laissé ton épée habituelle à la maison. »

-« Qu’est-ce que c’est? » demanda Jallie, perdue.

-« La tombe de mon meilleur ami. Lui, une autre amie et moi étions inséparables, mais comme tu le vois sa fin fut tragique. Nous avions laissé son épée ici, mais elle ne lui servira plus. Vu ce qu’on croise en traversant ce monde, il vaut mieux que je la prenne. »

Joll, embarqua l’épée à l’aide d’un fourreau qui possédait une accroche de cuir. Il se l’attacha au niveau des hanches, l’épée rangée dans le fourreau situé au bas de son dos. Il se retourna alors, apparemment décidé.

-« Allons-y. »

-« D’accord », dit Jallie en le regardant avec un regard rempli de compassion.

-« Évite de lui poser des questions là-dessus d’accord », lui murmura Dellas.

-« Oui », répondit Jallie, qui n’avait pas besoin de cette mise en garde.

Quelques heures de marche plutôt silencieuse plus tard, les trois compagnons arrivèrent devant un panneau.

-« <<Sortie de la forêt>>. On est pas loin c’est super! » s’exclama Jallie.

-« Il faut qu’on te prévienne, Jallie », répliqua Joll. »Grandatum ne ressemble pas à ce que tu peux imaginer. Vois-tu, certaines villes en Salfia utilisent des machines. C’est souvent léger, comme des moteurs dans les navires, des robinets à vapeur, des machines de construction. Grandatum est très évoluée. »

-« Qu’est-ce qu’une machine? »

-« Une construction faite à partir de métal, un alliage de minerais, de pierres pour simplifier. Elles fonctionnent en général à la vapeur dégagée par une eau spéciale, et permettent de faire des choses dépassant les simples travaux manuels. Bref, Grandatum, c’est la ville la plus évoluée techniquement. Par conséquent tu risques de voir des choses que tu n’imaginais même pas possibles jusque-là. »

-« Génial! » optimisa Jallie, bien que les explications de Joll aient été assez vagues.

-« D’ailleurs les sirionîtes sont contre l’utilisation de machines. Du coup les villes où ils sont dominants n’en utilisent pas », regretta Dellas.

-« De toute façon nous venons d’un endroit indépendant », ajouta son père.

-« Hmm… Dîtes, d’où venez-vous? »

-« D’ici », dit Joll en montrant la carte, désignant un endroit au sud-est de leur position. »C’est une montagne entourée de nuages, un endroit tranquille, où l’on peut vivre et s’entraîner en paix. »

-« C’est super », commenta Jallie.

Joll rangea la carte.

-« On y retournera plus tard, tu pourras voir », dit-il en souriant. »Ce sont les montagnes d’Orné, la région qui englobe la partie nord-ouest du grand continent. »

-« Oui j’aimerais beaucoup voir. »

-« Au fait, Jallie », dit Dellas, »il faudra que l’on t’achète des vêtements en ville, parce que ta robe risque d’attirer l’attention. Et puis tu ne veux pas ressembler à une sirionîte hein? »

-« Non. »

-« Ne t’éloigne pas de nous en tout cas », lui avisa Joll.

Les trois personnages marchèrent une bonne heure sur une route entourée d’herbes basses, quand une forme gris clair apparut au loin.

-« Voilà Grandatum! » s’exclama Dellas.

-« On va enfin pouvoir se requinquer… et récupérer de l’argent à la banque », observa Joll.

-« Ah oui ça c’est pas trop tôt! »

-« Eeuh… une banque? » répéta Jallie, incrédule.

-« Oui. C’est un lieu où l’on peut récupérer de l’argent que l’on a placé en sécurité. Il y en a un peu partout, c’est très pratique », répondit Joll.

-« Pourquoi ne pas tout garder sur vous alors? »

-« Eh bien parce que cela prend de la place, petite sotte! Et puis pour éviter de se le faire voler aussi. Et puis ça donne l’impression d’en avoir toujours plus », conclut Dellas avec un sourire ahuri.

-« Oui enfin jusqu’à ce qu’un imbécile ait vidé le compte », maugréa Joll avec un regard accusateur vers son fils, qui lui renvoya un petit sourire coupable.

-« Je vois… Mais comment l’argent se déplace entre les banques de chaque lieu? » demanda Jallie.

-« Eh bien il y a une grosse somme d’argent dans chaque établissement, qui reste à-peu-près constante par le biais de convois qui égalisent la somme de chaque banque. En général il y a environ autant d’argent qui rentre dans l’ensemble des banques que d’argent qui en sort. C’est aussi simple que cela, je suppose », expliqua Joll.

-« Joll, Dellas… » commença Jallie en s’arrêtant de marcher.

-« Qu’est-ce qu’il y a? » interrogèrent les deux hommes.

-« Je ne suis pas bête, j’ai vu que vous m’avez accepté bien vite avec vous. Qu’est-ce que vous attendez de moi réellement? »

Joll souffla en souriant.

-« Mais c’est que tu doutes de nous! » s’écria le presque quadragénaire. »Enfin, si j’avais été élevé dans un couvent sirionîte je réagirais probablement avec la même méfiance. Nous t’avons accepté avec nous pour trois raisons. Enfin deux pour Dellas, trois pour moi. »

-« Lesquelles? »

-« Premièrement, parce que, comme je te l’ai dit l’autre jour, nous sommes dans une période difficile et il vaut mieux s’entraider, sans oublier qu’un peu de compagnie ne nous ferait pas de mal et que tu es seule. Deuxièmement, tu nous plais bien. Tu as ton caractère et ta manière d’être, de plus tu es déterminée, et ce n’est pas pour nous déplaire. »

-« Et ta troisième raison, qu’est-ce que c’est? »

-« Et bien, il se trouve que j’ai rencontré Ornael après une sombre histoire. Elle aussi s’était échappée d’un couvent sirionîte, et je l’avais aidée à l’époque, comme je le fais aujourd’hui. Je lui ai expliqué le monde, et lui ai donné un foyer. Tu me la rappelles un peu en quelque sorte. Voilà, ça te va? »

-« Oui. Merci, et… désolée mais il fallait que je sache. »

-« Pas de problème, Jallie, c’est normal », la rassura Dellas. »Maintenant, on reprend la route, d’accord? »

-« Oui, allons à Grandatum, j’ai hâte de voir! » dit à voix haute la jeune fille, en reprenant le sourire.

-« Hahaha, bien! » s’enjoya Joll.

-« Bon, c’est pour aujourd’hui ou pour demain?! » lança son fils qui était déjà loin devant eux.

-« Regarde-moi le celui-là. Tu sais il tient ça de sa mère, hein. »

-« Tu es sûr? » taquina Jallie en commençant à courir.

-« Pffff », s’amusa le guerrier en les voyant ainsi.

Plus tard ils arrivèrent devant les portes grandes ouvertes de Grandatum. Des portes blanches aux bords dorés, une couleur prépondérante à Grandatum. Cette ville était extrêmement vivante, c’était la première chose qui frappait. En entrant, Jallie aperçut plusieurs jongleurs. Une foule les applaudissait. Elle s’arrêta dans la foule, captivée par une chose du quotidien pour le reste des habitants. La voyant, Joll et Dellas s’arrêtèrent à ses côtés. Après quelques instants, Joll fit un petit signe de la tête à Jallie et ils poursuivirent la marche. Ils virent un groupe de sirionîtes en capuches claires. Dellas se plaça alors devant Jallie pour éviter qu’ils ne la remarquent. En effet, une jeune sirionîte seule, ce n’était pas très habituel. Surtout dans une ville tel que Grandatum, où ces religieux étaient plutôt rares. Il se replaça normalement quand les croyants furent plus loin. Les sirionîtes de ce groupe étaient pour la plupart des galters, la race aux pelages et queues d’animaux, comme Tilia.

-« La majorité des sirionîtes sont des galters. Tiens, voilà un magasin d’armes et armures, allons voir », remarqua Joll.

-« Tu n’aurais pas oublié un détail, toi? » rétorqua son fils.

-« Ah oui, l’argent! Bien, trouvons d’abord une banque. Dellas, tu t’y colles. »

-« En fait je ne me rappelle plus très bien où est la banque ici », avoua Dellas, l’air hébété.

-« Et bien fait marcher ta cervelle, fils! » le remballa Joll. »Et emmène Jallie, qu’elle voie comment ça marche. Moi je vous attends ici. »

-« Tu viens? », intima Dellas en regardant la jeune fille.

-« On y va », répliqua l’adolescente sur un ton chantant.

Les deux jeunes gens se frayèrent un chemin dans une foule de plus en plus compacte. C’était le centre-ville. Le bruit envahissant de cette cité bourdonnait dans les oreilles de Jallie, habituée au silence du couvent sirionîte.

-« A Grandatum, le centre-ville représente les trois quarts de la ville! » annonça Dellas à sa jeune amie, qui acquiesça d’un bref mouvement de tête. »Voilà la banque », dit-il en désignant une rue perpendiculaire quelques mètres plus loin à droite.

Ils y pénétrèrent. Il y avait sur la droite plusieurs guichets, et à gauche beaucoup de chaises côtes-à-côtes, la plupart occupées.

-« Bienvenue, voici votre numéro. A l’annonce de celui-ci, présentez-vous au guichet correspondant », leur clarifia un humain plutôt jeune et très souriant.

-« Merci », dit simplement Dellas.

-« Merci », imita Jallie avec un sourire forcé de circonstance.

-« Lui c’est le donneur de numéro, celui qui » expliqua Dellas en prenant place sur une chaise.

-« Donne les numéros pour réguler le trafic afin que l’on passe plus vite sans être coincé dans une énorme foule désordonnée, j’avais compris », coupa Jallie avec un petit sourire narquois.

-« C’est malpoli de couper les gens quand ils parlent, surtout quand ils essaient de t’expliquer quelque chose. Papa a raison, tu ressembles à ma mère. »

-« Je prends ça comme un compliment », ricana la petite blonde.

-« Tu ne devrais pas. »

-« Tu n’aimes pas ta mère ou quoi? »

-« Si, mais elle a ses défauts, comme tout le monde. »

-« Et toi, c’est quoi tes défauts? » le taquina Jallie en plissant les yeux.

-« Papa dit que je suis arrogant… »

-« Mais… »

-« Mais je pense que je suis juste réaliste, et conscient de ce que je suis et ne suis pas. C’est tout », dit-il comme pour se justifier, ses joues teintées d’un léger rouge.

-« Tu rougis. Dis Dellas, je suppose que ta mère est bien blanche de peau, non? »

-« Oui, très. Qu’est-ce qui te fait dire ça? »

-« Ben Joll est mate et toi tu ne l’es pas vraiment, je me suis dit que ça venait de ta mère. D’ailleurs, je me demande, que se passe-t-il si deux personnes de races différentes s’épousent? Je veux dire, comment sera l’enfant? »

-« Il y a une chance qu’il soit de la race de la mère, une qu’il soit de celle du père. »

-« C’est déjà arrivé qu’un enfant soit de la race d’un parent, mais avec une caractéristique de celle de l’autre? »

-« Pas que je sache, pourquoi tu me demandes ça? »

-« Oh, par simple curiosité. J’essaie de comprendre c’est tout. »

Un instant après, un drôle d’être vint s’asseoir à coté de Jallie pour attendre. Il était grand, couvert d’écailles noires très petites, on aurait dit une combinaison de cuir d’un certain style. Ses oreilles étaient longues et rondes. Ses yeux étaient d’un gris très sombre. Jallie se retourna vers Dellas très étonnée, presque apeurée. Le jeune adulte lui murmura:

-« C’est un olvélias. Ce sont des êtres… beh, comme ça. Leurs écailles sont toujours de couleur très sombre, et ils sont toujours aussi grands. Et silencieux. C’est une race assez neutre, marginale, et rare, qui vit pour la majorité à l’est du grand continent, si je me trompe pas. »

-« Ah, je vois. »

-« C’est normal puisque tu as des yeux », plaisanta-il.

Jallie nia de la tête avec un sourire trahissant ses vrais sentiments. Elle jeta alors un coup d’œil au papier dans la main de Dellas. Un papier écrit à la main avec un sceau sur le coin supérieur droit. Il y avait marqué 11 290.

-« 11 290. C’est dans longtemps ça? »

-« Je ne sais pas », dit Dellas. »Tous les jours cela recommence à 1, ça veut dire que nous sommes les 11 290èmes de la journée, ce qui est assez énorme, même pour une période comme celle-ci. Mais ça ne me dit pas à combien ils en sont aux guichets. Seuls eux le savent. Tu vas devoir apprendre à patienter. La patience est une grande vertu », fit Dellas avec un ton ironique.

-« Tu imites ton père là? »

-« Non j’improvisais. Il a des qualités, mais la patience n’en fait certainement pas partie. Pourquoi tu crois qu’il m’a envoyé ici? »

Jallie ne dit rien. Soudain un vacarme ressortit du brouhaha ambiant. Un humain en cuir bleuté avait plaqué au sol un homme aux cheveux bruns et longs visiblement sur les nerfs. Quatre autres hommes portant le même cuir que le plaqueur accoururent. Ils dégainèrent leurs épées et menacèrent l’homme nerveux.

-« S’il vous plaît, j’en ai vraiment besoin! » leur cria l’homme.

-« Dans ce cas tu paies, sinon rien », répondit sèchement le plaqueur en lui retirant un flacon de la main. »Et que l’on ne t’y reprenne pas! »

-« Les gardes », grimaça Dellas, calmement.

-« Quoi? »

-« Ce sont des gardes, leur travail est de veiller sur la ville et ses habitants. S’il y a un problème ils font respecter la loi en vigueur, en l’occurrence, celle de l’Orné, la région dans laquelle nous sommes. Enfin, Grandatum a un genre de statut particulier, mais bon. »

-« Numéro 11 290! » interpella une femme au 4ème guichet.


On commence à placer deux-trois personnages importants, mais il faudra attendre plus longtemps pour avoir ne serait-ce que l’équipe principale au complet 😉

L’Originalité

Bonjour à tous les blablabla…

La dernière fois, j’ai commis l’erreur de vous dire que l’indépendance était la plus grande valeur que je défendais sur ce blog. C’était presque faux, car si une chose guide chacun de mes pas dans la création d’œuvres, c’est l’Originalité!

Pourquoi cette notion me séduit autant?

Parce que l’originalité c’est faire quelque chose qui est profondément votre, quelque chose qui sort de votre âme, qui est fondamentalement de vous. Vous ne créez pas telle chose pour faire comme les autres que vous aimez, non, c’est votre oeuvre.

Inutile de faire quelque chose parce que cela marche déjà bien. Comme je le dis toujours, on ne se rappellera pas des deuxièmes, troisièmes à faire quelque chose, uniquement du premier, celui qui a lancé la révolution(à son échelle). On peut apprécier du déjà vu parce qu’on y retrouve nos bases etc, mais ça reste pas très marquant au fond. Comme ces écrivains de fantaisies qui ne peuvent pas s’empêcher de reprendre les elfes, orcs et cie à Tolkien. On se rappelle de ce dernier comme d’un ovni pour son époque, aujourd’hui faire la même chose c’est juste être le 324ème à reprendre un univers déjà éprouvé.

Donc, que pouvez-vous faire pour être originaux?

Déjà, pour ceux qui n’ont « pas d’idées », sachez que ce blog et la chaîne youtube associée publieront des contenus destinés à vous inspirer en plus de vous motiver, en vous présentant différents moyens de s’inspirer au quotidien, et différentes façons de créer un univers. Le compte instagram publie déjà des images vous servant à vous inspirer pour créer vos univers.

Ensuite, pour être originaux, déjà, n’utilisez pas de clichés. On connaît par cœur le gros chevalier bourrin qui aime aller à la taverne, le magicien sage qui sert de mentor au héros, la guérisseuse ultra gentille… (même si le personnage de Dyûl dans les Chroniques de Salfia s’en rapproche beaucoup, je sais, mais tqt)

Le plus simple, c’est d’ajouter votre touche personnelle. Elle est différente pour tout le monde, évidemment. Vous pouvez par exemple jouer avec ces clichés. Ajouter quelque chose d’inattendu au perso cliché. Par exemple, dans les Chroniques de Salfia, Dellas est un peu le cliché de l’archer agile joyeux. Mais on découvre qu’il a un humour très sarcastique (pas prévu au départ) puis dans le deuxième tome (ptit spoil ^^) qu’il a un sens profond de la musique. Ça a été mon moyen de casser avec l’archer agile senfoutiste. Tout ce qui peut casser un cliché est bon à mettre.

Pourquoi ne pas faire ce que les autres font déjà? Parce qu’il y a 99% de chances que l’un d’eux soit meilleur que vous. Vous n’êtes statistiquement probablement pas un écrivain de génie, un développeur ultra-doué, un réalisateur de renom. Ces gens vous battront si vous jouez sur le même terrain. Mais si vous faîtes votre propre truc, ils auront certes des meilleurs côtés comparables, mais le principal ne sera pas comparable, car se situant dans les idées. Vous aurez donc forcément des avantages, des points forts, et le public qui va avec. es personnages clichés seront mieux écrits, mieux transmits chez d’autres, désolé pour l’égo.

Ensuite, vous pouvez fusionner les clichés. Prenez l’archer rigolo et la magicienne calme, cela peut donner un archer très posé ou une magicienne déjantée, très drôle et casse-cou. Ce serait sympa, je trouve^^

De plus, créez vraiment un monde. Cela ne concerne pas ceux qui racontent une histoire qui se passe dans le monde réel, aux USA, durant l’âge d’or de la piraterie ou durant l’antiquité. Mais si vous faîtes de la fantaisie, de la science-fiction etc, inventer vraiment un univers, avec ses règles etc. On en parlera plus en détails dans un article dédié parce qu’il y a beaucoup à dire là-dessus.

Je rappelle l’exemple du cheval et de la voiture (dont on parlera) : personne n’aurait demandé une voiture quand on utilisait des chevals (oui) pour se déplacer. Si vous faîtes du classique, personne ne vous pointera du doigt comme la grosse daube qui chamboule tout et va à contresens, certes, mais vous ne révolutionnerez rien non plus. Va falloir vous habituer aux risques, parce que la vie n’est pas grand-chose sans eux.

Voilà, je vous conseille de toujours apporter une certaine valeur, que ce soit sur n’importe quel angle ou aspect de votre oeuvre. Apportez vraiment votre touche personnelle, nous sommes là pour ça et je vous y encourage vivement!

A la prochaine, chers créateurs! 😉