Chapitre 3 (2/3) – Chroniques de Salfia Tome 1

La deuxième partie du chapitre 3. Elle est plus petite que les autres, j’essaye de couper à des moments logiques. ^^


-« Numéro 11 290! » interpella une femme au 4ème guichet.

-« Évite les ennuis avec eux et ça devrait aller », conseilla Dellas en se levant.

-« Vous êtes là pour? » demanda la femme.

C’était une humaine. Une jolie brune aux yeux verts. Mais Dellas ne se laissa pas charmer et agit comme s’il n’y faisait pas attention, ce qui étonna fortement Jallie. La jeune fille l’imaginait plutôt beau parleur, étrangement.

-« Retirer de l’argent », dit le jeune homme.

-« Votre nom? »

-« Dellas Gomfore. Code 34 20 15. Je voudrais 300 chri, s’il vous plaît. »

-« Un instant je vous prie… Bien, je vais les chercher. »

-« Et voilà comment ça marche. L’inconvénient c’est juste l’attente », dit Dellas à voix basse.

-« Voici votre argent, monsieur Gomfore », présenta la femme en revenant. Elle donna à Dellas une grosse bourse de pièces que ce dernier vida dans la sienne avant de la rendre à la banquière. »Vous faut-il autre chose? »

-« Oui. J’aimerais ouvrir un nouveau compte si cela ne vous ennuie pas. »

-« Bien sûr que non. A quel nom sera ce compte? »

Dellas se retourna vers Jallie et chuchota:

-« Tu connais ton nom de famille? »

-« Non », répondit-elle, hésitante.

-« Jallie », dit Dellas en se retournant. »Jallie Noiris. »

-« Bien, avez-vous de l’argent à placer sur ce compte? »

-« Oui. Veuillez transférer 100 chri de mon compte vers celui-là. »

-« Bien, ce sera fait. Le compte au nom de Jallie Noiris est ouvert avec 100 chri à son actif. »La banquière parla à voix basse, « Le code sera le 50 98 70. »

-« Bien. »

-« Je vais vous donner le récapitulatif des opérations que vous devrez signer. »

-« Naturellement. »

-« Tenez. »

La banquière donna une feuille de papier à Dellas que ce dernier signa, après avoir vérifié que les bonnes opérations y étaient inscrites. Il rendit alors la feuille.

-« Parfait », se contenta la banquière. »Je vous souhaite une bonne journée à Grandatum. »

-« Merci », gratifia le jeune homme en partant, suivi de près par Jallie.

-« Numéro 11 295! » cria alors la banquière, rejointe par l’olvélias.

-« Bon, maintenant, on retourne au magasin d’équipements guerriers », annonça Dellas.

-« Merci pour le compte. »

-« Ton code est le 50 98 70. Souviens-t’en. C’est important quand même », affirma-t-il en souriant.

-« Oui », répondit gentiment Jallie. »Au fait bien joué pour Noiris. Sirion à l’envers! »

-« Ooooh t’as trouvé ça toute seule? Bon plus sérieusement, à partir de maintenant ce sera ton nom. Histoire que tu aies une identité. »

-« D’accord, ça marche. »

-« Bien, le voilà », commenta Dellas en apercevant son père.

-« Vous voilà. Dis-donc c’était plus long que d’habitude! » s’écria Joll.

-« Il y avait beaucoup de monde faut dire. J’ai ouvert un compte à mademoiselle Jallie Noiris. »

-« Ganis, tu vois quand tu veux tu sais te débrouiller. Ganis veut dire bien en ancien galter », précisa l’homme mat à l’adolescente. »Noiris, hein? Pas bête. »

-« Comme quoi je n’tiens pas que de toi! »

-« Ouais, c’est ça… Bon j’ai trouvé ces deux gantelets. Ils me seront très utiles. »

Joll leur montra deux gantelets de métal fin à intérieur cuir. Il y avait même du métal sur la partie avant de la main.

-« Grâce à ces trucs, je pourrai bloquer des coups de lames sans me faire tranchouiller les mimines! »

-« Pas mal. Combien? »

-« 80 chri. »

-« Pas très cher. Tu fais une affaire pour le coup. Tiens », dit Dellas en tendant 8 grosses pièces à son père.

-« Tu plaisantes? Dois-je te rappeler que c’est moi qui garde l’argent ici? »

-« Tu me rappelleras aussi pourquoi », rétorqua Dellas en tendant la bourse à son père, qui l’attacha à sa ceinture de cuir.

-« Parce que c’est moi qui en ai gagné la majorité, tiens! »

-« C’est pas plutôt parce que t’es un gros dépensier? »

Joll grogna.

-« Il a des petits soucis parfois », s’amusa Dellas en souriant.

-« Qu’est-ce que tu vas lui raconter, t’en as plus dépensé que moi p’tit malin! »

-« Ah bon? » dit le jeune homme en rougissant.

-« Bon, je vais les acheter. Ensuite on va voir pour les vêtements de Jallie. Enfin si vous ne trouvez rien d’intéressant ici. »

-« Pour info, les grosses pièces valent 10 chri, les petites un. C’est simple non? » expliqua Dellas en se retournant vers Jallie qui regardait le contenu du magasin.

-« Oui. »

-« Qu’est-ce qu’il y a, tu as trouvé quelque chose? »

-« Non, non. Rien, je regardais juste. »

Le magasin, comme les autres, était un store tenu par deux piquets de bois. Le marchand était au fond, à côté d’une rangée de haches et de lances. Le magasin était le moins rempli de tous. On ne s’achète pas un nouvel équipement tous les jours.

-« Voilà » s’exclama Joll en revenant vers eux, équipé de ses nouveaux gantelets. Ces gantelets avaient des finitions bien rondes, et étaient de très bonne facture. »Bon, allons voir vers les vêtements. »

-« Ouaip », réagit Jallie avec un léger sourire gêné.

Les trois compagnons quittèrent le store et marchèrent dans les rues. Quelques pas plus loin, ils apercevaient déjà un magasin de vêtement.

-« <<L’élégance tenue>> » lut Joll. »Celui-là est un magasin spécialisé pour la gente féminine. Tu auras l’embarras du choix ici. »

-« Super. »

C’était impressionnant. Sous ce store ombreux se trouvait un grand magasin où les vêtements s’étalaient presque à perte de vue. Il y en avait de toutes couleurs, tous styles, toutes tailles. Jallie regardait un peu partout, comme émerveillée. Son œil s’accrocha à des linges bleu clair assez simples. C’était comme des grands bandages qui s’enroulaient de manière à former un haut pour femelle.

-« C’est exactement ta taille », plussoya Joll.

-« Je peux le prendre? » demanda Jallie, hésitante.

-« Oui, vas-y », la rassura Joll en plaçant une main chaleureuse sur son épaule.

Heureusement qu’il avait retiré les gantelets pour se les attacher à la taille.

-« Génial! » lâcha Jallie en prenant son haut.

-« Maintenant il te faudra un bas. Tu as fait un bon choix tu sais, même si les manches ne t’arriveront qu’aux coudes, cela suffira à te tenir assez chaud en cas de froid. »

-« C’est sûr que ce n’est pas ton cas » répliqua Jallie à l’homme torse-nu.

-« Un levito doit avoir facilement accès à ses sceaux. Mais si nous allons dans un endroit froid, je prendrai un habit, et l’enlèverai juste pour combattre. Pour l’instant c’est inutile. Et puis un peu de froid, tu sais, ça t’endurcit. »

-« Oui, c’est vrai », accorda Jallie en zyeutant le magasin.

Elle marchait lentement, et regarda une jupe à dentelle blanche et noire. Elle la prit en main pour mieux l’examiner.

-« Ceci n’est pas l’idéal si jamais tu as besoin de te battre ou de courir. Tu ferais mieux de prendre un pantalon. De plus le style ne va pas vraiment avec ton haut. »

-« Oui », confirma Jallie en reposant la jupe.

Elle continua de regarder sur la même table. Elle ne trouva rien et passa à une autre. Elle trouva alors un pantalon de couleur vert foncé. Ce pantalon lui plaisait parce qu’il avait un insigne sur la jambe gauche, ou plutôt un symbole.

-« C’est le symbole de l’Orné, la région nord-ouest du grand continent. Celle où nous sommes. La ligne horizontale représente un lac paisible, et à côté comme tu le vois c’est un arbre. Un symbole représentant la tranquillité, et la nature, les symboles de l’Orné », renseigna Joll. »Il te plaît? »

-« Oui, beaucoup. Simple et joli. Et puis c’est le symbole de notre région. Vous venez d’Orné et moi aussi, et c’est l’endroit où l’on s’est rencontrés. C’est parfait. On le prend? »

-« Si tu le veux, oui bien sûr. »

-« Pourquoi Dellas est resté à l’entrée? »

-« Il n’aime pas traîner dans un lieu pour femelle. Ça le met mal à l’aise. »

-« Et pas toi? » s’enquit Jallie pendant qu’ils se dirigeaient vers le vendeur, qui ici se situait juste à l’entrée du magasin.

-« Non, je m’y suis habitué en vivant avec Ornael. Combien pour ces deux-là? » siffla Joll en s’adressant alors au marchand.

Le marchand était plutôt rond, et souriant. Il portait de nombreux bijoux, son magasin marchait visiblement à merveille. Joll le savait et avait bien l’intention de négocier le prix un maximum.

-« Bonjour, mes amis! Pour ces deux articles, je vous propose le prix de 70 chri! » annonça fièrement le marchand qui parlait en roulant ses r.

Ce prix était déjà bas, ce magasin était visiblement du genre à vendre moins cher pour vendre plus, raison de plus de bien marcher, Joll le savait. Mais cela ne l’empêcherait nullement de négocier.

-« 70 chri pour deux simples articles comme ça? Va falloir revoir votre politique mon cher! » s’indigna faussement le père Gomfore.

-« Et bien, pour un homme tel que vous ce sera 60, mon magasin ne recule devant rien pour satisfaire la clientèle! Enfin, sa clientèle! »

-« Eeeeehh ça me paraît toujours aussi élevé pourtant… Bon Jallie on va peut-être aller voir ailleurs tout compte fait », se résigna faussement Joll en posant les deux habits sur la table du vendeur.

-« Attendez, attendez. Vous êtes un coriace en affaire vous, hein? Bien je vous propose le prix imbattable de 45 chri pour ces deux articles! »

-« J’ai mal aux couilles d’entendre un tel prix pour deux babioles que vous avez probablement obtenu pour une poignée de céréales » tempêta Joll en serrant les dents et en se tournant sur sa droite avant de regarder à nouveau le marchand. Jallie le regardait, stupéfaite d’entendre un tel langage venant de lui.

-« Bon, bon… disons 35 et on n’en parle plus d’accord? A prendre ou à laisser! » s’inclina finalement le vendeur.

-« Bon… D’accord, je vais être gentil pour cette fois », mentit Joll en lançant un sourire en coin à la jeune fille. Il donna alors les pièces au marchand.

-« Merci, j’espère vous revoir bientôt monsieur! »

-« Je ne compte pas rester, mais peut-être un jour après tout. Merci à vous et bonne journée! » répondit Joll. Une fois sortit du magasin et à côté de Dellas, il s’adressa à Jallie. »Tu vois? Il faut bien négocier, et comme ça tu sauves ton argent. Ça t’évite de le perdre en un rien de temps. Faut pas hésiter. »

Elle le regardait avec un sourire gêné.

-« T’as encore parlé de tes couilles pour faire baisser les prix? Incorrigible, mon père », plaisanta Dellas en s’adressant à la jeune fille.

-« Rappelle-moi qui m’a appris cette technique? »

-« Ah oui, c’est vrai », admit Dellas.

-« A utiliser sans modération, qu’il m’a dit le fiston! » précisa Joll en regardant Jallie. »Bon, trouvons une auberge pour la nuit. »

-« Ça c’est déjà fait », dit Dellas, en désignant un grand bâtiment blanc et doré plus loin. Il dépassait nettement du reste.

-« Bien, alors allons-y, on a bien besoin de repos. On y va tout de suite, et dès qu’on a assez dormi, même si c’est encore la nuit, on met les voiles! » clarifia Joll.

-« Faisons ça », dit le fils.

Jallie tenait ses vêtements dans les bras. Les trois voyageurs arrivèrent bientôt à l’auberge.

-« Nous voudrions une chambre pour trois, avec trois lits pour une personne, c’est possible? » demanda Joll à la gérante. La galtère aux poils vert foncé répondit presque aussitôt.

-« Malheureusement non. Nous n’avons qu’une chambre qui correspond à cette description, et elle a été prise il y a une minute de cela. C’est embêtant… »

-« Eh bien alors une chambre pour deux avec deux lits, c’est possible? »

-« Oui, cela vous fera 30 chri pour une nuit. »

-« Bien. Les voici » dit Joll en donnant l’argent à la galtère derrière le comptoir.

-« Je vous remercie. La clé de votre chambre », sollicita la galtère en tendant celle-ci à Joll, »le numéro est dessus. 42? C’est au 4ème étage, vous pouvez y aller en empruntant l’escalier à votre droite. »

-« Merci. »

-« C’est sûr que c’est pas les sirionîtes sans machines qui vont construire un bâtiment de quatre étages », pensa à voix haute Dellas, une fois au niveau du premier étage.

-« Ça c’est clair », plussoya Joll.

Les trois compagnons arrivèrent au 4ème étage. Ils trouvèrent presque aussitôt la chambre 42, et Joll ouvrit la porte.

-« Bon c’est simple, moi je dors par terre, et vous vous prenez un lit, des questions? » lança Joll.

-« Non », dit Dellas, »moi ça me va », ajouta-t-il en souriant largement.

-« Mais d’abord, Dellas, on sort. Que Jallie puisse enfiler ses nouveaux habits. »

-« Merci. »

Les deux hommes sortirent de la chambre. Une minute plus tard, Jallie leur ouvrit la porte.

-« Et bah! Tu es super comme ça! » s’exclama Dellas en faisant un geste d’ouverture des bras.

-« Merci », gratifia timidement l’adolescente en tenant le regard des deux hommes.

-« Ca y est papa, j’ai trouvé ma futur épouse! »

-« Rêve pas trop, Dellas! » rétorqua Jallie.

-« Ah, les enfants… » dit Joll.

-« Non, moi je suis un adulte, elle c’est une enfant », corrigea le jeune homme.

Plus tard les trois compagnons de voyage dormaient à poings fermés. Le voile de la nuit avait recouvert les cieux depuis deux ou trois heures. Jallie sommeillait plus profondément encore que ses pairs. Mais soudain un bruit strident se fit entendre, déchirant l’atmosphère.

-« Assassin, monstre!! »

La jeune âme se leva en sursaut, et alla voir à la fenêtre. Elle ne discernait rien de spécial. Elle jeta un coup d’œil aux deux autres, qui eux dormaient toujours, paradoxalement. Elle vérifia ensuite que la fenêtre soit encore fermée, ce qui était bien le cas. Mais alors un cri perçant se fit entendre à nouveau. Comme un cri de corbeau sifflé, mais en beaucoup plus puissant. Il fut suivi d’un gros fracas. Jallie vit une créature atterrir violemment sur un toit juste devant l’auberge. La créature ressemblait à un homme, mais avait des plumes, et un épais bec taché de sang. Celle-ci cria de nouveau en ouvrant ses ailes. Ce hurlement était entre le cri de douleur, celui de souffrance, et celui de colère. Jallie fut frappée par la peur. Elle s’écarta vite de la fenêtre, et alla se blottir contre Joll, au sol. Elle resta contre lui, et finit par s’endormir à ses côtés, tel un chaton avec sa mère.


Pitit cliffhanger pour le fun 😉

Histoire de m’assurer que vous finissez le chapitre, sans rancune!

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