Chapitre 9 (3/3) – Chroniques de Salfia Tome 1

Fin du chapitre 9. Qu’est-ce que ça avance mine de rien! ^^


En fin d’après-midi, c’est-à-dire aux environs de 25 heures, les compagnons arrivaient tout juste à l’entrée de la ville de Binansê, capitale du Binansêne. Cette ville était très grande, le centre était surélevé par rapport au reste, et les toits cubiques étaient de couleurs chaudes tirant vers le jaune de la paille et de la pierre. Les habitants étaient divers, et paraissaient tous plutôt amicaux. Il y avait cependant des gardes à l’entrée, cette fois-ci. L’entrée de Binansê était marquée, contrairement à Brenadad. Un mur peu élevé entourait la cité et des portes brunes un brin plus hautes étaient complètement ouvertes, symbolisant la mentalité de la grande ville. Jallie entendit alors une voix parler dans sa tête. Elle devina dans l’immédiat qu’elle était bel et bien la seule à l’entendre, mais continua à marcher comme si de rien n’était.

-« A Binansê, les habitants sont accueillants car c’est dans la mentalité de la ville. Binansê est l’une des capitales les plus ouvertes à l’extérieur. Mais elle sait aussi se défendre quand il le faut. »

Jallie reconnaissait cette voix, qu’elle avait déjà entendue. Elle grimaça alors, inquiète de qui lui parlait ainsi et pourquoi cette personne, à voix de femelle, lui expliquait avec attention ce qu’elle ne savait bien évidemment pas.

« Évite surtout de parler de la bataille du Roi Blanc, cela pourrait bien nous attirer les foudres de la majorité des Binansêniens. Et enlève cet air simplet de ta figure, regarde sur ta droite! »

Jallie s’exécuta, et tourna le menton à tribord. Blaudé la regardait et fit un bref mouvement des cils. C’était elle qui lui parlait par la pensée. Jallie se sentit très bête d’avoir oublié ce détail pourtant marquant. Elle la remercia discrètement en bougeant les lèvres, sans en laisser sortir un son. Blaudé répliqua par un signe de la tête. C’était pratique de pouvoir se parler sans que les autres autour ne se doutent de quoi que ce soit. Blaudé avait un pouvoir fascinant. Mais étrangement, Jallie avait instantanément compris que cette ville était assez paisible. Cela se… ressentait. Tous les arbres vert vif qui décoraient les rues, ces habitants souriant aux discussions franches et agréables. Binansê était une ville où il faisait bon vivre, cela ne faisait aucun doute pour la jeune humaine.

« Il est probable que la reine nous accorde son aide« , rajouta Blaudé par télépathie.

Après plusieurs détours, une fois sur le grand plateau central de la ville, le petit groupe arriva devant un grand palace, aux couleurs orangées, mais aussi d’un jaune étincelant, et d’un vert discret. Il n’y avait pas d’escaliers, et les gardes entourant la porte ouverte ne bronchèrent pas le moins du monde quand les compagnons pénétrèrent l’enceinte royale. Dellas prit un air surpris en faisant une moue de côté. Il ne s’attendait pas à ce que les choses soient si simples. Il faut dire qu’il n’était pas venu dans une capitale depuis longtemps… Presque un an. Le grand couloir principal, jonché de portes annexes, laissait apercevoir au bout une porte bien décorée, couleur marron mordoré, qui menait certainement à la salle où la reine Veriona Delmoso exerçait son rôle. Dyûl s’arrêta lentement une fois au niveau d’une salle dont la porte ouverte laissait entrevoir une bibliothèque à l’allure très propre. Une bibliothèque royale.

-« Vous devriez attendre ici », déclara la daffilesto.

-« Pourquoi? » réagit Dellas.

-« Inutile d’être trop nombreux. Je vais me contenter du nécessaire. »

-« C’est-à-dire? » s’enquit malignement Blaudé.

-« C’est-à-dire moi, qui parlerai principalement, et Joll, au cas où il y aurait de l’ancien galter à traduire. Ce sera tout. Vous quatre attendrez ici, dans cette bibliothèque, cela vaut mieux. »

-« Soit », coopéra Zacri.

-« Mais une chose », dit Dyûl en faisant un signe de la main voulant dire à Joll d’attendre.

Elle sortit de son sac une sorte de manteau bleu de bonne facture.

« Je préférerais que tu enfiles cela pour nous présenter devant la reine. »

Joll saisit le vêtement, l’air incrédule.

-« Pourquoi? » dit-il avec une moue étonnée.

-« A vrai dire… Ne le prends pas mal hein, mais entre tes cicatrices de combats voyantes, ton teint mat et ton corps large, tu as un physique assez… agressif. »

Joll sourit ironiquement en enfilant le haut bleu.

-« Je suis gentil », articula le combattant plaisantin avec un air ahuri, ce qui eut pour effet direct de refiler un sourire aux lèvres de son fils et de sa jeune amie blonde.

-« Allez, allons-y », répliqua l’harnassienne en souriant en coin.

Une fois arrivés devant les splendides portes, les gardes firent signe de stopper la marche aux deux quérants.

-« Que désirez-vous? »

Dyûl sourit radieusement, comme à son habitude, alors que son vieil ami dut se faire violence pour afficher un faux sourire bien réussi. »Des gardes polis, où va le monde? » pensa-t-il.

-« Nous sommes venus dans l’intention de faire part à la reine du Binansêne d’un projet dans lequel elle pourrait nous aider. Si vous le permettez… » clarifia la daffilesto aux bonnes intentions.

-« La reine est libre. Vous pouvez y aller », répondit sereinement un garde en leur faisant signe d’avancer.

Dyûl les remercia d’un bref signe du front, avant de franchir les portes de la salle royale.

Dans la bibliothèque du palais, Zacri et Dellas attendaient tandis que Blaudé et Jallie lisaient. Enfin, Blaudé lisait un livre d’arcanes magiques, et Jallie feuilletait un peu de tout. La bibliothèque était assez grande, et il n’y avait qu’une poignée de personne en plus des quatre compagnons. Le sol était recouvert d’une moquette vert foncé, et les étagères bondées étaient fabriquées à partir d’un bois brun au teint sombre, dont les pliures étaient saillantes. Blaudé lisait un livre qui parlait entre autres d’études de magie. Selon ce livre, certaines personnes développaient des pouvoirs spéciaux, à force d’entraînement, sans pour autant en avoir ressenti le don comme elle. Cette information était précieuse, sans doute, et l’ambiguïté laissait place au questionnement. Peut-être pourrait-elle exercer une multitude de pouvoirs spéciaux… C’était à voir. Mais d’abord fallait-il connaître ces pouvoirs, pour parvenir à les tenter. Blaudé zyeuta les étagères remplies de livres ayant pour thème abordé la magie, mais ne trouva aucun ouvrage dont le sujet principal était les pouvoirs spéciaux ou quelque liste ou description que ce fût. Elle continua alors la lecture de celui qu’elle tenait toujours dans les mains.

Jallie trifouillait un livre d’histoires anciennes, mais le remit vite à sa place. »Je ne connais rien de ce monde, c’est trop tôt pour ça« , songea-t-elle. Elle se tourna alors vers les livres de légendes diverses. Cet aspect mystérieux et incertain l’attirait énormément. Elle longeait l’étage de livres, quand le titre Guerriers mythiques et autres légendes percuta son esprit curieux. Délicatement, la jeune fille l’extirpa de l’étage où il était entreposé. Aucune poussière ne couvrait cet ouvrage, signe qu’il plaisait. Et aussi que cette bibliothèque était très fréquentée, mais cela n’était aucunement étonnant. Ce livre était découpé en un plan judicieux: chaque légende représentait un chapitre. Le premier parlait d’un chevalier à l’armure sombre et à la carrure colossale, ayant hanté la côte est de l’Ornetal des décennies auparavant. Ce guerrier à la puissance fatale ne servait que lui-même, et aurait affronté son roi courageusement, puis aurait mis fin à la vie de ce dernier. Jallie revint alors au début du bouquin, à la préface qu’elle avait précédemment sautée. L’auteur, un passionné d’histoires de ce genre, y décrivait le contexte de l’œuvre. En effet, il indiquait que ces légendes avaient pour la plupart bel et bien existé, et que c’est cela qui les rendait si intéressantes. »Ce Chevalier Noir a vraiment existé alors? » se demanda la jeune fille. Probablement, et c’était en effet le plus impressionnant de l’histoire. On peut raconter autant d’histoires fantastiques que l’on veut, aucune ne sera aussi touchante qu’une réelle qui semble fictive tant elle est invraisemblable. Aucun nom ne serait cité, car les identités des légendes ne sont jamais certaines, et cela les rendait encore plus fantaisistes. Ceci remarqué, Jallie put découvrir à la fin de l’histoire du Chevalier Noir quel était son élément de prédilection: le chaos. Cette information le rendait encore plus terrifiant. Elle tourna la page et la prochaine légende parlait… du Roi Blanc. Elle ne lut que les choses qu’elle connaissait déjà, peu d’informations en plus de cela. Cette histoire s’était passée environ 400 ans avant La Faille, donc à peu près la même chose avant aujourd’hui (pour elle, à ce moment, aujourd’hui=5 ap LF). »Élément= Inconnu » terminait ce chapitre.

Elle passa à la prochaine légende. Le démon des terres lointaines. Dès le début de l’histoire, il était affirmé que cette légende était la plus sombre et la plus incroyable. Le démon était apparu plus d’un millénaire auparavant dans des terres à l’est de Salfia, habitées par d’autres êtres, qui ne connaissaient pas l’existence du grand continent. « Il y a donc bien des terres encore inconnues« , se dit Jallie, pensant à ce dont le professeur Malyen lui avait fait part sur l’île de Gesil. Le démon avait pris possession d’un nouveau-né avec l’accord malhonnêtement obtenu de sa génitrice, et avait tenté de détruire autant de terres qu’il le pouvait. Et selon ces écrits, ses pouvoirs étaient divins. La façon dont ce démon avait pu être mis hors d’état de nuire était à peine évoquée, ce qui rendait le récit encore plus invraisemblable. Mais cette histoire captivait encore plus Jallie, qui ressentait une excitation certaine, en plus d’un frisson de peur. « Élément= inconnu » était ici aussi marqué, sans surprise. La petite blonde tourna alors cette page, restée sur sa faim.

Cette légende-là évoquait un guerrier bien plus récent que les trois premières. En effet, celui-ci était un lancier de l’époque présente, très probablement encore en activité. L’histoire parlait d’un galter au poil sombre, surnommé Le Souffle Mortel, exilé des îles Jakamo à cause d’une romance qui lui avait été interdite. Ce guerrier avait depuis fait parler de lui dans le centre du grand continent. Il était dit que ce galter maniait la lance comme personne avant lui, avec une aisance et une agilité décourageante. Ce guerrier serait revenu d’entre les morts… Son élément était précisé, c’était le feu. La légende du Souffle Mortel était, elle aussi, très captivante.

A la page suivante débutait le récit de la légende d’une autre galtère de l’époque présente. Cette galtère au poil rosâtre, « comme Tilia » pensa Jallie, était anguille qui se faufilait où elle le désirait, et pouvait selon les écrits marcher dans les airs. Cette galtère portait le surnom de La Tigresse Fourbe, car selon la plupart des gens, elle n’était pas du tout digne de confiance, ce qui était sa marque de fabrique, apparemment. La Tigresse Fourbe se battait avec une sorte de corde caractéristique. Le chapitre se concluait par « Élément=Inconnu » encore une fois. Jallie tourna la page.

Elle connaissait déjà bien la légende qui s’affichait devant ses yeux bleus. Celle-ci, d’ailleurs, sa véracité ne faisait aucun doute pour la jeune fille. Il s’agissait de la légende intimidante et sombre du Bar Thanos. Le Vengeur Sombre en ancien galter. Pourquoi, cette fois-ci, utiliser cette langue pour le surnom de ce guerrier, alors que les deux précédents, pourtant de la race de ce vieux langage, avait un surnom en langue moderne? Probablement pour la dimension mythique et fatale de ce personnage. Après tout, il n’y avait qu’à voir la réaction de Dellas en sa présence. « Élément=inconnu » concluait encore une fois ce récit mystérieux. La prochaine légende parlait du Magicien Ultime, un harnassien ayant comme caractéristique exceptionnelle, selon ce livre, de maîtriser les neuf éléments, en plus de connaître des sorts rares et de posséder des pouvoirs spéciaux nombreux. Peu de précisions étaient données sur son apparence physique, simplement une longue chevelure et un manteau. Cette légende n’était pas tout à fait actuelle, mais il était possible que ce mage soit encore en activité, bien qu’il n’y ait aucun fait récent mentionné.

-« Vous avez demandé à me voir, je vous écoute », simplifia la reine Veriona Delmoso.

Elle était au milieu de la salle royale, une grande pièce recouverte de moquette verte elle aussi. Veriona se tenait debout, face à Dyûl et Joll, les regardait d’un air accueillant et calme. La première chose qui frappa ces deux voyageurs était qu’elle n’était pas ce qu’ils pensaient savoir qu’elle était. La soi-disant harnassienne était en fait une galtère, aux cheveux roses tombants plus bas que ses clavicules, les yeux rouges, plutôt grande et affinée. Ses poils étaient jaune clair. Dyûl prit la parole en première. De toute façon, Joll ne s’apprêtait pas à parler, se contentait de se forcer à garder un sourire bienveillant.

-« Merci à vous. Il se trouve que j’ai un projet et que j’aimerais vous en faire part. »

-« Pour quelle raison? »

-« Pour être franche et directe, j’espère obtenir votre soutien. »

La reine acquiesça avec de petits mouvements frénétiques de la tête, le regard fixant les yeux de l’harnassienne.

-« Bien. Alors, entrez dans le vif du sujet, dans ce cas », l’invita la reine Delmoso.

-« Oui. J’ai pour projet d’aller avec mes compagnons au château de Kenardile. Comme vous le savez probablement, il est aux prises de la sorcière de la lune, et nous comptons l’en déloger, afin de nous le procurer, pour y aménager ce qui serait… La base du peuple libre. »

-« Qu’entendez-vous par là? » demanda Veriona Delmoso, un brin suspecte.

-« Je compte créer une ville indépendante de quoi que ce soit, libres seront chacun des habitants de faire ce qui les enchante. Nous comptons donc ensuite et dans un premier temps, nous attaquer à Doln et à Sahon, afin de supprimer définitivement ces fléaux qui hantent Salfia et son peuple depuis déjà trop longtemps. »

La reine Veriona détourna le regard en marchant. Elle était plongée dans ses pensées. La nouvelle était soudaine, et entraînait beaucoup de facteurs sur lesquels une reine se devait de réfléchir de façon appropriée. Les deux gardes qui se situaient sur les côtés à quelques mètres avaient eux aussi l’air abasourdi. Les deux conseillers avaient les yeux baissés, jusqu’à ce que l’humain réagisse, et s’adressa à la reine en personne.

-« Bi jéh chéiss vueth nasbieh. Wab limo », lui dit calmement le conseiller aux cheveux blancs, la trentaine d’années.

Il paraissait désapprobateur. La reine le regarda sans mot dire, alors que Joll se pencha vers son amie sans la regarder, pour lui traduire l’ancien galter à voix basse, et un peu méprisante.

-« Il lui a dit :<<Ce n’est pas notre problème. Trop risqué>>. »

-« Détrompez-vous, c’est le problème de tous ceux qui vivent sur Salfia. Votre peuple craint autant ces créatures au quotidien que tout autre le fait. Quant au risque, il n’est pas significativement plus élevé que celui que votre peuple voit une bonne partie de lui-même écrasé par un de ces fléaux. »

-« Combien êtes-vous, pour le moment? », demanda simplement la reine, plus compréhensive et coopérative que son conseiller.

-« Pour l’instant, six. »

-« Ha! Bi chéiss bel vuntié! Yû jiah nali, Doln li Sahon jéh qsié kisat », s’exclama le conseiller.

-« Bi chéiss bel vanasi », argua l’autre conseiller, un grand harnassien aux cheveux jaunes, coiffé proprement.

-« Bi chéiss yû jo désinias! » lui répondit son collègue.

-« L’humain dit que c’est une plaisanterie, que Doln et Sahon ne peuvent être tués de toute façon. L’harnassien dit que c’est un espoir, il répond que c’est de la folie », transmit Joll.

Dyûl ne dit rien. Pour la meneuse, seul comptait la réponse de la reine.

-« Bon. Mes conseillers ont tous deux raison, en partie. Vous êtes trop peu nombreux. Je suis désolée de devoir dire non, pour cette fois. Mais dès que vous aurez un allié un tant soit peu conséquent, je joindrai mes forces aux vôtres. »

-« Pardonnez-moi reine Delmoso, mais si tout le monde nous donne cette réponse, certes sage, alors personne ne nous épaulera et Salfia restera en l’état. Repensez-y, je vous en conjure », raisonna Dyûl.

-« Votre entreprise est fort louable, mais ma décision est réfléchie et ne changera pas, malheureusement. J’espère sincèrement que les autres royaumes ne réagiront pas de la même façon. En tout cas je ne peux, je le crains, vous aider dans la situation présente. Je suis vraiment désolée, mais il va falloir faire avec. »

Joll luttait pour ne pas laisser parler sa colère et son mépris.

-« Je vois… Restez chez vous alors… » coléra Dyûl, ce qui était rare.

Ce ressentiment était fort compréhensible, car Dyûl savait que si un royaume aussi amical que le Binansêne réagissait de la sorte, alors il se pourrait fortement que les six compagnons restent seuls. La reine baissa les yeux, à la fois désolée, et un peu honteuse.

-« Je peux ceci dit vous fournir un peu d’aide. En témoignage de mon soutien à votre noble cause », rassura la reine avant de marquer une pause pour songer. « Je vais vous offrir… Un des comptes bancaires du Binansêne », annonça-t-elle en marquant sur un papier le nombre cité, avant de le plier et de s’avancer vers Dyûl.

-« Kéini, tiéa jéh chéiss halbano! » s’écria le conseiller aux cheveux blancs.

Son collègue avait lui aussi un air incrédule.

-« C’est un compte mineur. Il leur servira uniquement à se lancer, c’est une aide symbolique, pour le moment. Je leur fais confiance. Ce sont des gens comme eux qui changeront les choses… et puis… en attendant, c’est la seule action que je puisse faire. Mais je vous promets qu’à l’instant où je recevrais un hitchkis de votre part m’annonçant la participation d’un autre royaume, mon armée ira rejoindre la vôtre sur-le-champ », assura Veriona Delmoso.

-« Merci infiniment, reine. Je ferai attention à cet argent. Sur ce, je ne prendrai pas plus de votre temps. A la prochaine fois, alors », remercia et salua Dyûl d’un geste respectueux de la tête.

-« Merci », gratifia Joll à son tour, recevant alors un signe du menton de la reine.

Ce dernier était le plus abasourdi de la salle. Les deux compagnons se retournèrent et se dirigèrent vers la porte menant au couloir principal du bâtiment.

-« Bonne chance », conclut la reine du Binansêne.

Dyûl et Joll marquèrent un arrêt dans leur marche, puis quittèrent la grande salle bien décorée.

Jallie et Blaudé lisaient encore quand les deux négociateurs débarquèrent dans la bibliothèque.

-« Alors? » s’enquit immédiatement Dellas en se levant d’un bond.

-« Je vous raconterai sur la route, nous gagnerons du temps. »

-« On ne dort pas ici? » balbutia presque Zacri, surpris par cette annonce.

-« Non, il fait encore jour, et nous devons prendre tout le temps dont nous disposons pour avancer. Je préfère. »

-« Bien, allons-y sans plus tarder dans ce cas », répliqua Blaudé en reposant l’œuvre qui était dans sa main.

Une fois sortis de la ville, les compagnons prirent une route qui allait vers le sud. Dyûl prit alors la parole, à l’écart du bruit de la ville.

-« Elle ne nous aidera que si l’on trouve un autre allié conséquent. »

-« Quoi?! Mais s’ils disent tous ça, on se retrouvera tout seuls! » s’écria Zacri.

-« Je sais bien cela, mais elle était catégorique. Ceci dit elle m’a donné le numéro d’un compte mineur du Binansêne en gage de bonne foi. Cela nous aidera en ce qui concerne les futurs travaux nécessaires à Kenardile. »

-« C’est déjà ça! Eh, honnêtement on pouvait s’attendre à pire venant d’une reine! » positiva Dellas avec un certain cynisme.

-« Oui. J’espère que les autres nous aideront plus que cela. L’argent c’est bien, mais il nous faudra des effectifs et des habitants pour notre nouvelle ville. »

-« T’as pas l’impression d’aller vite en besogne? » calma Jallie.

-« Je compte bien faire ce que j’ai prévu. C’est tout. C’est à cette vitesse-là que l’on fera changer les choses, pas moins. »


On entre bien dans le vif du sujet avec un groupe au complet (pour l’instant… 😉 )

Sinon, dîtes-moi, quel est votre personnage favori jusque-là? ^^

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