Le « Parlé » en Ecriture

Bonjour à tous les créateurs et bienvenue sur Tisseurs d’Histoires et de Monde,

LE blog des créateurs indépendants.

 

Je vous retrouve aujourd’hui pour un contenu exclusif au blog, que les gens sur youtube n’auront pas contrairement à vous, petits veinards 😉

Je vais vous expliquer comment utiliser le « parlé » en écriture, que ce soit dans les dialogues (le plus utilisé) et dans les descriptions (au sens large, c’est-à-dire tous les écrits du roman en dehors des dialogues).

Souvent, les gens qui débutent écrivent en « parlé ». Donc, ils écrivent comme ils parlent, ou plus précisément, pensent. Personne ne vous demande de vous mettre à parler en soutenu dans la vie quotidienne, et écrire en « parlé » n’est pas un défaut. Si c’est maîtrisé.

Utiliser le « parlé », souvent couplé à une narration à la première personne, n’est pas une excuse pour écrire n’importe comment, comme un kikoo de 12 ans. Si vous le faîtes, personne n’appréciera de vous lire. Le « parlé », qui à différentes nuances, est acceptable/tolérable à l’oral, mais lire un livre entier comme cela, c’est infaisable, même avec de la volonté.

Si vous ne vous en rendez pas compte, parce que c’est votre texte qui utilise votre façon de parler, lisez simplement un texte en « parlé » non maîtrisé d’une autre personne (Wattpad est votre ami, issou).

Le « parlé » maîtrisé est un « parlé » limité. On met quelques détails qui rendent le texte plus naturel, en gardant les bonnes règles du français (ou d’une autre langue, ça marche partout). Un « parlé » complet doit être, au maximum, exceptionnel et lié à un personnage. Et encore, cela n’enlèvera pas le malaise, mais le rendra simplement plus soutenable.

A savoir que le « parlé » doit davantage être limité dans les descriptions que dans les dialogues. Ceci pour deux raisons principales :

-Les descriptions occupent entre 50% et 95% (généralement plus vers le 95) du texte du roman, et en utilisant généralement la même syntaxe du début à la fin, là où les dialogues occupent une place mineure dans le texte global et font intervenir plusieurs syntaxes par la présence de plusieurs personnages.

-Il est assez simple d’associer un langage peu soutenu à un ou plusieurs personnages (immatures ou peu éduqués, par exemple), qu’à un texte écrit par un écrivain. Comme le disait Linkthesun dans une critique de Formidable de Stromae (mettre un lien serait un affront, vous connaissez déjà), si un peintre fait un dessin en bâton imitant un enfant de 4 ans, l’auteur fictif aura peut-être 4 ans, mais on sait que le vrai auteur non, donc c’est moche. Et je rajouterai qu’en terme de qualité absolue (ce que cherche vos lecteurs, voire tout le monde), seul le résultat compte. Une chanson d’un niveau 5 faite par un chanteur de six jours d’expérience dans le domaine donne clairement envie d’être encouragée, mais les gens mettront dans leur autoradio la chanson de niveau 8 d’un chanteur ayant 20 ans d’expérience, parce que peu importe l’exploit, le mérite etc au final, seul le résultat dont on profite compte. Et cela marche dans tous les domaines, mais mériterait un article en entier. En bref, même si le personnage narrateur à la première personne justifie le langage « parlé » dans la diégèse , il n’empêche que l’écrivain doit bien écrire, pour le confort du lecteur.

Ainsi donc, même si d’un point de vue diégétique cela donne l’impression que tous les personnages qui racontent une histoire parlent en langage relativement soutenu, ce qui est bizarre, le narrateur doit causer correct wesh, paske frèr, si jékri mé article kom sa, t’va pa avouar envy de me lyre maime si le fon é heintérésan.

Du coup, à ce point de l’article, votre question ressemble probablement à <<Mais alors quels éléments de « parlé » faut-il garder et lesquels faut-il éviter?>>

J’y viens. C’est simple en fait. La base des bases, c’est simplement de voir quels éléments de « parlé » passent crème et lesquels créent le malaise, donc le feeling, un peu comme quand on regarde un mot pour savoir instinctivement s’il est bien orthographié. Déjà, avec ça, vous êtes bien guidés et rendez votre roman lisable. Le principe global en fait, c’est de faire la différence entre le « parlé » que vous pouvez utiliser avec vos parents, en entretien d’embauche, ou face au président (non je ne ferai pas de blague mes amis fr) et le « parlé » qui la fouterait mal dans une situation officielle.

-Exemple : « J’en ai rien à faire » passera à-peu-près, là où « j’m’en bats les couilles, frère » ne passera qu’avec vos potes.

Deuxièmement, enlevez les mochetés de prononciations en les remplaçant plutôt par du « parlé » habituel. Retirer des mots « facultatifs » (en termes de compréhension du message passé) tels que « ne », convient, c’est un « parlé » qui rend naturel, sans en faire trop. Transformer deux mots pour parler plus vite en les fusionnant avec une drôle de liaison, c’est moins sexy. Vous allez comprendre avec l’exemple parfait de ce que je veux dire.

-Exemple : « Je sais pas pourquoi » passe bien mieux que « Chais pas pourquoi« .

Troisièmement, les mots raccourcis que l’on utilise pour aller plus vite sont tellement ancrés dans le langage actuel, qu’ils passent crème, en dialogue ou en description à la première personne. Personne ne se voit parler en utilisant le mot « cela » à la place de « ça » dans la vie quotidienne, ce serait trop chiant. Garder cependant un petit « cela » de temps en temps, ça ne fait jamais de mal et évite d’en faire trop. Un côté « naturel » surfait donne au contraire une impression de fausseté.

-Exemple : « On peut faire ça » donne juste ce qu’il faut de naturel.

Quatrièmement, en parlant d’en faire trop, limitez le nombre de grossièretés. Non seulement ça en ferait trop, bien trop, mais ce serait vraiment moche à lire. Rappelez-vous que dans un roman, tous les personnages parlent plus soutenu que ce qu’ils feraient vraiment dans la diégèse. Il existe des gens qui parlent un langage horriblement vulgaires, oui, mais dans un roman ils en restent à une grossièreté par phrase grand max (associée avec du « parlé » non-grossier, mais à limiter encore plus pour ne pas faire péter les quotas). Déjà que dans la vie personne n’aime entendre quelqu’un juré 25 fois par phrase, c’est pas dans les romans que ça va changer. (« ça » utilisé, vous remarquerez que j’applique les conseils donnés dans tous mes articles, puisque je garde un côté naturel qui vous montre que c’est quelqu’un comme vous qui écrit, mais sans parler comme au quotidien ce qui serait moche et vous ferait fuir)

Cinquièmement, lorsque vous utilisez des grossièretés, privilégiés celles d’ancien français, un peu plus nobles et moins racailleuses. Une insulte très actuelle marche, mais rarement, le reste du temps utilisez une ancienne, généralement moins fortes.

-Exemple : « Cet espèce de salopard m’a ouvert la jambe. Je vais le buter. » passe mieux que « Cet espèce d’enculé m’a ouvert la jambe. Je vais le niquer. » mais encore « Le fils de chienne s’est tiré la queue entre les jambes. » passe mieux que « Le fils de pute s’est barré la queue entre les jambes. » ou encore « C’est un fumier. » passe mieux que « C’est un connard. »

Sixièmement, et ce conseil englobe les autres, limitez le « parlé ». Mettre un « ça » ou un mot familier (on évite vulgaire hein) de temps en temps fait le taff, si vous en mettez un tous les trois mots ce ne sera pas bon.

-Exemple : « On peut faire ça à cet homme, mais je ne sais pas ce qu’on risque. Ces fumiers pourraient nous trouver. » passe mieux que « On peut faire ça à cet enfoiré, mais je sais pas ce qu’on risque. Ces salopards pourraient nous trouver. »

Notez que lorsque je dis « passe » c’est bien volontaire. Ce genre de choses ne sont pas « normales » dans un roman, mais acceptés. Certains lecteurs n’aimeront pas, la limite claire est propre à chacun. Ce n’est pas une science exacte, et les mœurs changent. A savoir que la limite du « trop soutenu » est aussi propre à chacun, mais c’est un autre sujet.

Septièmement, gardez à l’esprit que les choses simples suffisent souvent pour le côté naturel, en les complétant par du « parlé » plus clair une fois de temps en temps. Rien qu’utiliser « on » au lieu de « nous » (cf exemple plus haut ^^) ou remplacer des mots compliqués par d’autres plus simples donne déjà une bonne dose de naturel dans le texte.

Bonusèmement, si votre texte pourrait sortir de la bouche d’un(e) collégien(ne), c’est mort. :trollface:

 

Et voilà, désormais, vous avez les outils nécessaires pour éviter d’en faire trop et écrire un « parlé » subtil et agréable! A vous de jouer.

Vous pouvez vous entraîner en me mettant un exemple de texte en commentaire, je vous dirai ce que j’en pense, si cela peut vous aider à mieux cerner la chose.

Ah, et au fait, conseil utile s’il en est, oubliez tout de suite le « parlé » pour les descriptions si vous écrivez avec un narrateur extradiégétique (hors de l’histoire). Je ne l’ai pas dit avant parce que cela me paraît évident.

Sure se, chaire créateur, je vou souéte un aixélante créassion, é a plusse!

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