L’Indépendance

2.7

Bonjour à tous les créateurs et bienvenue sur Tisseurs d’Histoires et de Mondes, le blog des créateurs indépendants!

Aujourd’hui, je vais vous parler de la plus grande valeur que je vais vous transmettre via ce blog : l’indépendance! la famosa

Donc, pourquoi suis-je autant attaché au fait d’être indépendant et de ne pas signer chez une maison d’éditions, tenter de faire faire son jeu vidéo par un studio ou proposer son idée de film au CNC etc? Je vais vous l’expliquez.

Déjà, concernant l’édition, il y en a la blinde des raisons.

Premièrement, il y à les droits. Vous ne gardez pas tous les droits quand vous faîtes publier votre livre par une maison d’éditions classique. S’il y a une réédition, un projet de film etc concernant votre oeuvre, vous pourriez ne pas avoir le dernier mot. Moi, rien que l’idée de ne pas avoir TOUS les droits sur mon bébé, d’avoir un droit de regard, le dernier mot sur tout ce qui concerne mon oeuvre de A à Z, ça me bloque direct.

Deuxièmement, la paie. Il faut savoir que, comme le disent les vidéos de Samantha Bailly, un auteur est en général rémunéré de 50 centimes par livre vendu (est-ce pareil dans le rap US? issou). Sachant que si l’auteur tente de négocier, on lui répond gentiment que c’est dur avec les dépenses nianiania… En attendant, pour vivre de sa plume, un auteur doit donc parvenir à vendre plus de 20 000 exemplaires par an, surtout avec les impôts en France. Un peu du foutage de gueule, vous me l’accorderez.

Troisièmement on a les critiques. Basiquement, c’est plutôt une bonne chose, surtout par des pro du milieu, mais si on me dit « tu devrais rajouter une romance, ça plaira aux gens » etc, ça ne me plaira pas, je n’ai pas envie de transformer mon récit. Sachez que le but d’une maison d’édition restera toujours l’argent. Normal, ce sont des entreprises. La qualité n’est donc, pour eux, pas une fin en soi. Idem pour l’originalité, ils préféreront souvent un récit pomper sur Tolkien que quelque chose qui risquerait de dépayser les lecteurs.

Quatrièmement, nous avons les choix. Un éditeur vous fournira un graphiste à ses frais, certes, mais vous n’aurez certainement pas le dernier mot sur la cover de votre oeuvre. Ils vont cherchez à faire quelque chose qui se vend, pas en priorité quelque chose qui traduit l’univers du roman. Idem pour le titre, ils peuvent le changer s’ils estiment qu’un autre serait plus vendeur.

Cinquièmement, la taille du roman. Un bon exemple serait G.R.R Martin, qui écrit les Game of Thrones. Pour le cinquième tome (je crois) il avait un pavé de 2 000 pages. L’éditeur l’a vite calmé pour qu’il réduise le volume du bouquin. Si c’est trop long, pas bon, si c’est trop court, pas bon. Cela ne manque pas de logique mais pour un livre suivi par des millions de lecteurs je ne pense pas que la longueur les aurait autant démotiver. Un tel auteur devrait pouvoir choisir ce qu’il veut faire.

Sixièmement, l’attente. Pas un argument suffisant en soi, mais ajouté aux autres, il calme bien. Sachez qu’il faut minimum six mois pour avoir une réponse éventuelle d’un éditeur. Souvent vous n’en aurez pas si votre roman est refusé. On parlera plus en détails de l’édition classique, car même si je ne l’encourage pas, certains d’entre vous voudront toujours passer par là et nous ne sommes pas là pour mépriser, mais pour s’entraider quels que soient vos choix.

Septièmement, la censure. Aucune maison d’éditions n’a jamais censuré de bouquin, me direz-vous peut-être. Je répondrai que si votre roman aborde un sujet sensible, comme l’holocauste revisité à travers la fiction par exemple, il y a peu (aucune) de chances qu’un éditeur prenne le risque.

Huitièmement, les coups de bâtard.  Par exemple, JK Rowling, lors d’un des 19 refus essuyés avant de publier Harry Potter, avait reçu une lettre disant « ma liste est pleine, la chemise de rentrerait pas dans l’enveloppe ». Donc elle a envoyé son manuscrit à ses frais, et à un moment où elle était sans le sous, on ne le lui a même pas rendu. Où est le respect? Bien sûr, ce genre de choses est assez rare, mais ça fait chier.

D’ailleurs, c’est assez drôle. On vous parle souvent d’auteur qui du jour au lendemain s’est mis à vendre blindé de bouquins, mais on ne vous dit jamais combien de refus ils ont essuyés avant d’en arrivé là. C’est dommage, car après c’est vous qui vous prenez la désillusion quand vous entrez dans le game.

Neuvièmement, il y a la correction. A prendre avec des pincettes, mais quand vous tentez de vous faire publier il faut envoyer un manuscrit sans aucune faute. Soit vous êtes prof’ etc, et vous y passer du temps, soit vous payer des services qui vous coûteront plus de 1 000 euros, que peu d’entre vous peuvent se permettre, pour essayer d’être publier. En autoédition, (on en parlera en détails bien entendu) ce problème ne se pose pas. Les lecteurs peuvent supporter une faute de temps en temps, tant que ce n’est pas exagéré, bien sûr. Les filtres de l’édition évitent que les bouses soient publiées (comment ça, cinquantes nuances?) mais empêche aussi de bonnes choses de l’être pour des raisons limitées.

Pour ce qui est des choses spécifiques au jeu vidéo, ISSOU, j’ai envie de vous dire. Vous ne ferez jamais faire votre jeu par un studio sans qu’il modifie tout pour en faire quelque chose d’attrayant. Les studios surtout les AAA mais pas que, coûtent très cher avec le nombre d’employés. Les producteurs sont frileux, et ne prennent pas le moindre risque. C’est d’ailleurs pourquoi les jeux Ubisoft se ressemblent tous à l’heure actuelle, pour l’exemple. Jamais vous ne viendrez avec un concept novateur et serez acceptés par un studio. Ajoutez à cela qu’il faudra être un pro formé pour travaillez chez un studio, là où en indépendant seul les capacités comptent, quels que soient les moyens employés.

Pour les métrages, c’est encore pire. C’est clairement pas le CNC qui va vous aider, oubliez tout de suite cette idée naïve. Je rappelle aussi que le cinéma FR est un putain de système de castes. Plus le politiquemnt correcte etc… issou. Sans oublier le risque de vol, cinéma et télé étant lié, c’est pas Rémi Gaillard qui vous dira le contraire. Ce n’est peut-être pas monnaie courante, mais ça arrive souvent qu’un individu ayant eut le malheur d’expliquer son concept à l’oral se fasse piqué l’idée et ne puisse rien faire, car ne disposant pas de preuves tangibles, contre ça. N’oubliez pas que de toute façon ils ont des avocats hors de prix qui vous écraseraient en 2-2.

En résumé, l’indépendance, c’est quoi?

C’est la liberté d’écrire ce que vous voulez, comme vous le voulez, avec la mise en page que vous voulez, sur le sujet que vous voulez, dans la langue que vous voulez etc. La liberté de l’originalité, de créer quelque chose qui va peut-être révolutionner le monde du jeu vidéo, du roman, de la BD, des métrages, vous ne savez pas! En faisant quelque chose de pas nouveau, vous ne serez certes pas pointé du doigt comme le vilain petit canard, mais vous ne révolutionnerez rien. Il faut prendre des risques.

Etre chez une maison d’édition (de disque si vous êtes musicien, au passage), un studio de jeu vidéo ou au CNC etc, c’est comme être salarié. Je vous renvois à l‘idée d’entreprenariat, il y a d’excellentes chaînes youtubes/blog sur le sujet. En gros, on vous file votre travail, vous tient en laisse, et vous laisse des clopinettes sur les ventes. L’indépendance c’est aussi l’être financièrement, faire une meilleure marge, etc.

Quant à ceux qui me diront qu’être indépendant demande du travail, c’est vrai. Il faut plusieurs cordes à votre arc. Mais vous savez ce qu’on ne veut pas que vous sachiez? C’est PAREIL chez les éditeurs et cie. Les auteurs vont sur les salons du livres, jeu vidéo, conférences de l’audiovisuelle pour faire la promotion de leur oeuvre, casi-comme des autoédités, des indépendants. Les outils derrières vous seront juste moins puissants, et vous serez moins guidés.

Voilà pour le sujet de l’indépendance, c’est assez complet je pense.
Prochainement, nous parlerons de l’autoédition, chère à mon cœur. De l’édition traditionnelle pour les raisons citées plus haut. De l’indépendance dans le jeu vidéo et les métrages aussi. Et nous ferons très probablement des études de cas de créateurs, pour vous montrer ce qui peut se passer.

J’espère que cet article vous a plu et que vous êtes chaud bouillant comme moi pour être indépendants.

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A la prochaine!

version vidéohttps://www.youtube.com/watch?v=NoDL3tzRXJc&lc=z22qxry5qum4hrkxo04t1aokgjit2anbbbgjjeekthhhrk0h00410

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